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Nacon, c'est qui Daija ?

Fort de quelques claviers, souris et manettes, Nacon s’associe à la joueuse professionnelle Kayane pour s'attaquer au stick arcade. À l’heure des leds en folie et des formes toujours plus excentriques et racoleuses, la proposition d'un Daija plus sobre et mature a de quoi séduire.

Fondé en 2014, Nacon est la nouvelle division gaming de Bigben. Pour ce vieux roublard français de l’accessoire, l’enjeu est de se débarrasser de son image cheap et de monter en gamme pour venir s’installer sur le territoire de Razer et consorts. Ou, comme ils l’annoncent eux-même, "proposer aux joueurs les outils pour devenir des gamers à travers une gamme complète d’équipements de qualité". Tout un programme.

Rappelons tout de suite qu'un bon stick, à savoir un boitier costaud, un levier et des boutons de qualité, on en trouve autour de 100€. Au-delà, on paie parfois un certain confort, des options en plus, quand ce n’est pas simplement le prix de la marque ou d’un logo. Pour 200€, le Daija vient se placer entre les très populaires Hori Real Arcade Pro et le niveau au-dessus qu’est le Razer Panthera.

Point de vue format, on est très proche d’un Panthera justement avec 38x26x7,5cm et 3,7kg (contre 3,5 pour son cousin de chez Razer). Contrairement à ce que les photos de promo peuvent laisser croire, le boitier n’est pas gris/violacé mais bien en plastique noir. L’ensemble est agréablement lourd et stable ; le caisson étouffe légèrement le son des boutons, juste assez pour accentuer l’impression de robustesse que dégage le stick.

Tout le dessous est recouvert d’un grip antidérapant en caoutchouc, bien plus sain et facile à nettoyer qu’un support en mousse. Les boutons et le levier sont de marque Sanwa, la solution la plus évidente pour satisfaire la majorité des joueurs européens. Le câble USB de 3m est attaché au boitier, avec son compartiment de rangement. Enfin, un port casque est situé dans un petit renfoncement à l’avant du stick. Le Daija est compatible PS3, PS4 et PC.

C’est au sujet du layout qu’on peut être surpris. La disposition des deux premiers boutons LP et LK fait penser à un layout Noir tandis que les six autres sont alignés façon Vewlix. On se retrouve avec un LP qui donne l’impression d’être bien éloigné de ses copains. Passé la surprise, les boutons tombent bien sous les doigts et l’ensemble reste plus confortable que le vewlix classique - qui au passage s’impose comme une norme alors qu’il est loin de faire l’unanimité. Le plateau supérieur possède également une sorte de repose-poignet, une large bande de plastique sur laquelle les mains glissent sans accroc. Sans être un facteur décisif, c’est étonnamment confortable et pour ceux que l’aspect parfois collant du plexi rebute, c’est à essayer.

Les boutons de fonction sont répartis sur le côté droit. Ils ressortent peu et demandent une vraie pression pour être enclenchés, ce qui réduit les risques d’accident malgré l’absence de système de verrouillage. Le souci vient plutôt des deux boutons rouges qui permettent d’ouvrir le capot du stick. Ils ressortent beaucoup, et il faut un moment avant d’arrêter de les actionner par erreur. On s’y fait mais ça passe mal dans un sac, c’est le genre de détail qu’on aimerait voir corrigé pour le prochain modèle (au hasard, des glissières plutôt que des boutons ?). C’est d’autant plus dommage qu’il est agréable d’avoir deux verrous, un de chaque côté, pour retenir le capot. Il n’y a aucun jeu sur le panneau supérieur, on peut cogner sans crainte sur les boutons comme sur le stick lui-même (je vous vois venir, on le fait tous) : le Daija encaisse sans broncher.

Une fois le stick ouvert, l’intérieur est soigné. Les fils sont masqués par des caches en plastique. Les charnières donnent confiance et tant mieux puisque l’un des attraits du Daija est d’être facile à bricoler, on veut donc pouvoir le laisser ouvert longtemps sans crainte ni gêne. Dans un compartiment, on trouve une clé pour coincer la tige du joystick et dévisser la boule, une poire pour la remplacer, ainsi qu’un tournevis qui permet de retirer le plexi sur le panneau supérieur. Pour accéder au PCB, lui aussi sous un cache en plastique, il faut retirer 4 vis masquées par un autocollant, ce qui fait certainement sauter la garantie. Il y a assez de place pour remplacer le circuit par un Brook UFB par exemple, ce qui est toujours bon à prendre sur un stick destiné à une PS4 en fin de cycle.

Sur le panneau du haut, le plexi est très simple à retirer, avec un système qui rappelle le TE2+ de Madcatz : les trous dans la plaque sont plus larges que les boutons. Il suffit donc, par le dessus, de retirer les 6 vis qui retiennent le plexi ainsi que la boule du joystick pour libérer l’artwork et le changer. Comme sur le TE2+ pour combler le fait que le plexi est autour des boutons et non dessous, les boutons sont tous rehaussés d’un cercle en plastique pour tomber à bonne hauteur sous les doigts.

S'il est très simple de changer l’artwork ou les boutons, les possibilités de modding plus avancées s’avèrent tout de suite plus complexes. Le plateau du haut est une superposition d’une plaque de métal et d’une épaisseur de plastique. Ainsi vouloir agrandir l’ouverture pour passer un stick type Fanta implique de gros travaux et on ne parle même pas d’un éventuel passage en hitbox. Dur d’en tenir rigueur au Daija, puisque ces modifications sont très rares, en particulier chez les joueurs occidentaux. Toutefois, laisser une ouverture suffisante dans le plastique pour n’avoir plus que la plaque de métal à re-percer ou à changer aurait été un effort vraiment appréciable.

Plus gênant, une vis et son encoche viennent se placer tout près de la plaque de montage du joystick Sanwa. Si on peut bricoler pour passer une plaque Seimitsu, celle plus large du Hori Hayabusa aura vraiment du mal à se faire une place. Encore une fois ce ne sont pas tous les joueurs qui voudront changer leur levier Sanwa ; mais sur un stick de cette qualité qu’on sent prêt à durer, on aurait aimé un tout petit peu plus de flexibilité pour pouvoir le faire évoluer au fil des années. On sait déjà que le Victrix, qui devrait être un des gros sticks de 2019, souffre du même genre de défaut. Alors que l’offre de leviers de qualité, professionnels ou amateurs, est plus vaste que jamais, on est forcément un peu déçu de ces parti pris de la part des constructeurs.

Malgré quelques erreurs de jeunesse, le Nacon Daija s’impose comme un choix solide. Attention cependant à ne pas confondre sobre et cheap. C’est un stick qui va à l’essentiel et qui le fait bien, sans chercher à vous appâter en vous hurlant "GEEK" ou "BOOBS" au visage. Si on ne peut nier que 200€ reste un sacré budget, on note tout de même que les caractéristiques du Daija le placent sur une gamme qui commence plutôt à 250€. Si vous êtes un débutant prêt à investir pour un moment ou joueur confirmé en quête d’un nouveau compagnon, vous pouvez y aller sans crainte. Pas sûr que le Daija fasse de vous un Gamer, mais pour du BigBen, il n’a plus rien de la manette du petit frère.

Note : Le Nacon Daija nous a été envoyé par Kayane

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